Les jeunes années Si Jean-Pierre Papin est né à Boulogne-sur-Mer, c'est dans le Nord, à Jeumont, qu'il a grandi, où il a suivi sa mère suite à la séparation de ses parents.
Jean-Pierre Papin manifeste très tôt un goût prononcé pour le football et une appétence toute modérée pour les études. Il lui arrivait de mettre le thermomètre sur le chauffage et de simuler une fièvre afin d'éviter d'aller en classe. Selon une légende, à une institutrice qui demandait quelle profession il souhaitait exercer, il aurait répondu qu'il voulait devenir footballeur professionnel ! Il débute sa carrière chez les jeunes au club de Jeumont, en 1970, où il reste licencié jusqu'en 1978, avant d'intégrer le club de Trith-Saint-Léger.
Il connaît par la suite une ascension linéaire en jouant en Nationale avec Vichy (saison 1983-1984) puis en Division 2 avec Valenciennes (saison 1984-1985), avant de tenter l'aventure à l'étranger, au FC Bruges. Ce sont des débuts fracassants au plus haut niveau, avec un premier titre (Coupe de Belgique). Sa notoriété auprès du grand public est grandissante, et il connaît une première sélection en équipe de France lors d'un match amical contre Irlande du Nord le 26 février 1986.
Dans la foulée, il dispute la Coupe du monde 1986 au Mexique, où les Bleus terminent à la troisième place. Il marque notamment le seul but de la France lors du premier match de poule, contre le Canada. Titulaire surprise lors des matchs du premier tour, et critiqué pour ses ratés devant le but, il est remplaçant pour la suite du tournoi, avant d'être titularisé contre la Belgique dans la petite finale, au cours de laquelle il marque un but.
L'épopée marseillaiseIl signe en 1986 avec l'Olympique de Marseille.La signature du contrat sera houleuse, JPP avait signé un pré-contrat à l' AS Monaco lors de la coupe du monde au Mexique. Mais Bernard Tapie lui proposera un salaire deux fois supérieur à celui de l'AS Monaco. JPP Sera donc transféré à l' OM moyennant le versement d'une indemnité à L' AS Monaco . Pour ses débuts, JPP effectue une excellente première moitié de saison, avant de flancher par la suite. Le club marseillais termine seulement deuxième du Championnat derrière Bordeaux, et est battu par cette même équipe lors de la finale de la Coupe de France. Ses prestations critiquées à la coupe du monde 1986 et ses débuts mitigés à Marseille valent à Jean-Pierre Papin certains sobriquets désobligeants tels que « JPP, j'en plante pas » ou « JPP, j'en peux plus ».
Vexé par cette année en dents de scie, Jean-Pierre travaille d'arrache-pied afin d'être fin prêt pour la nouvelle saison. Ce travail porte ses fruits puisqu'il termine la saison 1987-1988 meilleur buteur du championnat de France. Marseille ne termine que sixième du Championnat mais réalise un joli parcours européen en Coupe des Coupes en se hissant jusqu'en demi-finale, batu par l'Ajax d'Amsterdam.
La consécration arrive la saison suivante (1988-1989) avec un doublé Championnat / Coupe de France. JPP prend une place prépondérante à ces succès avec trois buts inscrits en finale contre AS Monaco sur un score (4-3). Lors de ce match il utilise un morceau de viande crue pour amortir les coups sur sa cheville douloureuse !! Il inscrit ensuite deux buts lors du match du sacre contre Auxerre. Il termine meilleur buteur du championnat pour la deuxième fois consécutive.
La saison suivante (1989-1990), le club phocéen conserve son titre national et Jean-Pierre Papin termine meilleur buteur du championnat pour la troisième fois consécutive. Demi-finaliste de la Coupe de France, les Marseillais parviennent également dans le dernier carré de la Coupe d'Europe des clubs champions, éliminés par le club Benfica Lisbonne sur un but inscrit de la main par le joueur lisboète Vata[1].
Intouchable sur le plan national, l'OM remporte en 1990-1991 son troisième Championnat de France consécutif, et JPP termine à nouveau meilleur buteur. Il inscrit un quadruplé dans un match contre l'Olympique lyonnais, remporté 7 à 0 par l'OM. En Coupe d'Europe des clubs champions, les Marseillais effectuent un beau parcours en éliminant notamment le Milan AC en quart de finale, puis le Spartak Moscou en demi-finale, mais subissent une cruelle désillusion en perdant la finale aux tirs au buts, à Bari, contre l'Étoile Rouge Belgrade, alors qu'ils étaient favoris. Peu de temps apres la désilution de Bari, l'équip de l'OM pert une autre finale contre Monaco (1-0) pour la Coupe de France dans les arrêts de jeu, ainsi, en quelques semaines, les coéquipiés de JPP, se voient alors contraint de ne pouvoir réaliser un triplé historique (Championnat-Coupe d'Europe-Coupe de France).
Cet échec n'empêche pas JPP d'être élu Ballon d'Or en 1991. Après Raymond Kopa et Michel Platini, il est le troisième Français à obtenir cette distinction prestigieuse, mais le seul a être honoré de cette distinction alors qu'il joue dans un club Français.
La saison suivante, les Marseillais sont champions de France pour la quatrième fois consécutive, mais leur saison est ternie par une élimination prématurée en Coupe d'Europe contre le Sparta Prague. En terminant pour la cinquième fois de sa carrière meilleur buteur du championnat, JPP égale une performance jusque là uniquement réalisée par Delio Onnis et Carlos Bianchi. Mais contrairement aux deux Argentins, il est le seul à avoir terminé meilleur buteur cinq fois de suite.
En fin de saison, les rumeurs d'un transfert au Milan AC se font plus pressantes. Papin dispute son dernier match au stade Vélodrome contre l'AS Cannes, le 25 avril 1992. Après avoir pris le micro au début du match pour annoncer son départ en Italie, il offre la victoire à son club dans ce dernier match. L'adieu de JPP fut des plus émouvants et beaucoup gardent encore en mémoire ce jour là.
En six saisons sous le maillot olympien, JPP aura donc marqué 185 buts en 254 matchs toutes compétitions confondues, terminé cinq fois de suite meilleur buteur du championnat de France, entre 1988 et 1992, et remporté quatre titres consécutifs de champion de France, de 1989 à 1992.
Durant cette période faste, Papin s'affirme également comme le principal atout de l'équipe de France. Il ne joue cependant pas de deuxième Coupe du monde, à cause des échecs lors des éliminatoires de celles de 1990 et 1994. Mais il donne toute sa mesure lors des éliminatoires de l'Euro 1992, où la France remporte tous ses matchs. Lors de la phase finale en Suède, la France échoue cependant dès le premier tour, même si Papin marque les deux buts de son équipe. Il marque également deux buts phénoménaux contre l'Espagne et la Belgique.
JPP rejoint en 1992 le Milan AC, considéré comme le meilleur club mondial à l'époque, qu'il a déjà croisé et éliminé en C1 en 1991. À cette époque, peu de joueurs français jouent à l'étranger. Avec ce départ en Italie, Papin a donc agi en quelque sorte comme un précurseur. Le mouvement de départ des meilleurs joueurs français à l'étranger ne s'amplifiera que quelques années plus tard, à partir du milieu des années 1990.
Ses débuts dans le Calcio sont corrects, malgré la concurrence avec Marco Van Basten. Il finit en effet meilleur buteur du club milanais en Serie A avec 13 réalisations. Le club remporte aisément le championnat d'Italie. Mais le 26 mai 1993, JPP dispute et perd (remplaçant, rentré au début de la seconde mi-temps) une nouvelle finale de Ligue des Champions, cette fois contre son ancien club, l'Olympique de Marseille.
Pour sa deuxième saison en Italie, il remporte son deuxième Scudetto avec le Milan AC, mais joue de moins en moins souvent. Battu par l'OM l'année précédente, le Milan AC prend sa revanche en s'imposant en finale de la Ligue des Champions en écrasant 4 à 0 le FC Barcelone. JPP ne remporte cependant pas officiellement ce trophée, n'ayant pas été aligné sur la feuille de match par Fabio Capello.
Après deux saisons expatrié en Italie, JPP décide de changer d'horizon en rejoignant le club allemand du Bayern Munich pour tenter de trouver du temps de jeu. Pour ses débuts dans la Bundesliga (saison 1994-1995), il joue très peu avec au total 7 matches pour 1 but, principalement en raison de blessures à répétition. Il inscrit néanmoins le plus beau but de l'année du championnat allemand, grâce à une nouvelle "papinade". Le Bayern termine à une très décevante sixième place et se fait éliminer dès le premier tour de la Coupe d'Allemagne. Le club bavarois se rattrape moyennement en Ligue des Champions, en atteignant les demis finale, surclassé par le futur vainqueur de la compétition, l'Ajax d'Amsterdam, 0-0 puis 2-5.
Sa deuxième saison en Allemagne (1995-1996) n'est pas plus convaincante, JPP ne trouvant qu'à deux reprises le chemin des filets. Le Bayern termine à la deuxième place en championnat, mais fait surtout parler de lui en remportant la Coupe de l'UEFA, en battant en finale les Girondins de Bordeaux. JPP joue le match aller à Munich titulaire. Il obtient ainsi officiellement sa première Coupe d'Europe.
C'est également durant cette délicate période à Munich qu'il perd sa place en sélection. Papin avait dans un premier temps dit adieu aux Bleus dont il était le capitaine après l'élimination en qualifications pour la World Cup USA, en novembre 1993, avant de se laisser convaincre par Aimé Jacquet de revenir. Il marque son dernier but en sélection à Bakou contre l'Azerbaïdjan (2-0) à la fin de l'année 1994. Quelques semaines plus tard, Papin dispute son dernier match international contre les Pays-Bas en janvier 1995, avant que les blessures et l'éclosion de la génération Zidane-Dugarry ne l'éloignent définitivement de la sélection.
Le retour en France en 1996, la fin de carrière en 2004 puis la reprise en 2009 [modifier]
Il rentre en France en 1996 en signant à Bordeaux. Sa première saison sous le maillot girondin est très satisfaisante. Rolland Courbis le relance et lui permet d'inscrire la bagatelle de 16 buts en championnat. Devenu capitaine de l'équipe pour la saison 1997-1998, le poids des ans rattrape JPP. Courbis parti, Guy Stephan remercié au bout de quelques mois et Elie Baup désireux de créer un électrochoc, JPP est la principale victime de cette valse d'entraîneurs. Devant la montée en puissance de Sylvain Wiltord, JPP voit son temps de jeu se réduire considérablement et prend le plus souvent place sur le banc lors de la deuxième partie de la saison 1997-1998.
Au cours de ses deux saisons chez les Girondins de Bordeaux, JPP dispute deux finales de Coupe de la Ligue. Sa deuxième participation est notamment marquée par un but magnifique inscrit sur coup franc des 25-30 mètres mais aussi, malheureusement pour lui, par un penalty tiré au-dessus des cages lors de la séance des tirs au but, qui permet grandement au Paris Saint Germain de remporter cette finale. Il s'agit là du seul et unique match disputé par JPP en match officiel au Stade de France.
Devenu remplaçant à Bordeaux, il décide de se lancer un dernier défi et signe pour la saison 1998-1999 à Guingamp, alors en division 2. Cependant, certainement par manque de motivation, il écourte son expérience bretonne et met brutalement fin à sa carrière professionnelle en octobre 1998, 3 mois après son arrivée et 10 matchs disputés en championnat.
Il fait alors le bonheur de deux équipes amateurs : la Jeunesse sportive Saint-Pierroise (Réunion), mais surtout l'US Cap-Ferret, où il reste trois saisons. C'est en juillet 2004, à l'âge de 40 ans, qu'il raccroche définitivement les crampons.
En janvier 2009, on apprend qu'il va reprendre du service en tant que joueur au sein de l'Association Sportive Facture Biganos Boïen, un club de Promotion de Ligue d'Aquitaine, par plaisir et par sympathie envers l'entraîneur
Le 28 novembre 2009, je l'ai rencontré à toulouse en ville trop cool