Tony Parker : du panier, au micro...
Pluridisciplinaire, le basketteur de la NBA se lance dans le rap avec un premier opus éponyme. Tony Parker évoque pour nous sa passion pour la musique et nous dit tout sur cette toute première livraison.
Tu as un parcours de sportif. Pourquoi avoir décidé de te lancer dans la musique ?
Ca me trottait dans la tête depuis très longtemps. J'ai toujours kiffé la musique, depuis que je suis tout petit. Ayant un père américain, la musique a toujours été omniprésente dans notre vie. J'ai grandit avec la musique. Le basket et la musique sont un peu liés. Il y a plein de basketteurs qui en font. J'ai découvert le rap français à 14 ans. J'ai commencé à écrire quelques textes avec mes amis d'enfance. Je ne l'ai jamais pris sérieusement, car j'étais concentré à fond dans le basket. Pour moi c'était ce qu'il y avait de plus important. Je voulais d'abord réussir en tant que basketteur professionnel avant de me lancer dans quelque chose d'autre. Ma passion pour la musique est revenue au galop il y a trois ans et j'ai décidé de me lancer.
Le public français est parfois un peu réticent quand un sportif ou un acteur se lance dans la musique. Est-ce que cela ne te mets pas un peu la pression ?
Je sais que la France n'aime pas le double emploi. Les français n'ont pas la même mentalité que les américains là-dessus. Des artistes comme Will Smith ou Jamie Foxx, du moment que c'est de la bonne qualité, ça ne les dérange pas. Moi je ne fais pas attention à tout ça. Si cela avait été le cas, je ne serais jamais arrivé là où j'en suis au basket. Quand j'étais petit et que j'étais en France, on me disait souvent que j'étais trop petit, trop maigre, que je n'arriverai jamais en NBA, que j'avais la grosse tête, que j'étais fou... et regarde ou j'en suis maintenant. Je ne fais pas trop attention aux critiques. Je ne fais pas trop attention aux critiques.
Les français critiquent toujours. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas, ils sont toujours négatifs. Moi, je vis mon rêve. Je vis ma passion. Si j'ai une idée, je vais jusqu'au bout de ce que je pense. C'est comme ça que j'ai pris la musique. J'avais vraiment envie de le faire et de m'exprimer. Pour moi, c'est un peu un bol d'air, une bonne balance avec le basket et une autre façon de m'exprimer. Tant que je kiffe, c'est le principal. Quand les gens écouteront l'album, ils verront bien que j'ai travaillé dur.
Est-ce que tu t'es imposé la même rigueur pour l'enregistrement de ton disque que celle que tu t'imposes dans ta carrière sportive ?
Bien sûr. J'ai été vachement discipliné. Je passais des heures et des heures en studio avec Skalp mon producteur, parce qu'on voulait vraiment donner de la bonne qualité. Je ne suis pas là pour faire un coup marketing. Je veux vraiment m'imposer dans le temps, essayer de faire plusieurs albums et montrer ma passion.
Tu es une véritable star aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas avoir décidé de lancer ta carrière de rappeur là bas ?
C'était un choix délibéré. Je voulais le faire en français. Je suis français et je kiffe la France, même si je dis que je n'aime pas trop la mentalité des français. Tous mes amis sont français, ma mère habite en France... Pour moi la question ne s'est même pas posée. Ca me semblait normal de le faire en français. Je ferais peut-être un morceau en anglais un jour, mais pas tout un album, ni toute une carrière.
Ton album comporte de nombreux featurings. On retrouve notamment Soprano, Don Choa, K.Reen, ou Booba. L'idée de partage était primordiale pour toi ?
A chaque fois que je faisais un morceau, je me disais que ce serait trop bien qu'un tel ou un tel pose sa voix. A la base, l'idée était pour moi de réaliser un petit rêve de gosse. Mon kiff c'est de faire des featurings. Je kiffe être en studio avec Booba, par exemple. C'est impressionnant pour moi. Là, c'est moi qui devient fan. J'oublie que je suis un basketteur connu. Je deviens alors le petit qui essaye de faire sa place en tant qu'artiste et qui essaye de faire ses preuves. C'était un kiff de poser avec eux. C'est pour ça qu'il y a pas mal de featurings.
A l'écoute de ton album, on te ressent plus sur de toi au fur et à mesure que les morceaux défilent. Est-ce une réalité ?
Bien sûr. Je progresse tous les jours au niveau de la voix ou du flow. C'est d'ailleurs pour ça que nous avons zappé pas mal de morceaux. Il y a des titres que j'ai enregistrés il y a six mois et que nous n'avons pas mis sur l'album. Nous n'avons pas pu les garder parce que je progresse tout le temps. C'est aussi pour cela que l'album est assez compact. Nous avons gardé tous les meilleurs morceaux. Il fallait que je trouve mon style.
J'ai entendu dire qu'Eloquence avait joué véritablement le rôle de coach pour toi sur cet album. Est-ce le cas ? Comment s'est passée votre collaboration ?
Skalp et lui m'ont aidé au niveau de la réalisation. C'était important pour moi d'avoir deux personnes à ce niveau là pour être à jour au niveau des flows et des paroles. Quand tu fais tout tout seul, tu es dans ton délire, tu kiffes, mais les gens ne kiffent pas forcément. C'est bien d'avoir plusieurs avis pour être un peu plus ouvert.
Le morceau "Génération motivée" nous invite à ne pas baisser les bras et à adopter une attitude positive. Est-ce ta façon de voir la vie ?
C'est comme ça que je vois la vie. Mon album a un message positif. Je ne fais pas du rap hardcore. De toute façon je ne considère pas que c'est réellement du rap. Ma mère peut écouter mon album, tout comme mes frères peuvent le faire. C'est de la musique. C'est pour cela que les puristes ne sont pas contents. Ils disent que ce n'est pas du rap. Moi je veux juste rester cohérent avec moi-même, sincère dans mes textes. Je ne vais pas non plus me mettre à inventer. Je ne viens pas du ghetto.